Une lueur d’espoir (Partie 3)

Catégorie : 

Science-fiction/Anticipation

Auteur : 

Chloé Garcia

Résumé :

Le métier de Lumineur est parfois dangereux. Plus que de simples tâches répétitives, il offre de l’émerveillement, et permet à tous les habitants du dôme d’admirer un ciel étoilé de toute beauté.
Cette activité demande de lourdes charges, et le gouvernement veille au grain pour que les Lumineurs accomplissent leur travail dans les délais et dans le respect des règles le plus total.
Pourtant, quelques fuites sont parfois irrémédiables…

Une lueur d’espoir (Partie 3)

Je me joignis à la foule et souris aux enfants qui me posaient de multiples questions, vite rabroués par leurs parents. Les lumières s’éteignirent soudain et les étoiles nous éblouirent. Je vidai mon esprit et me concentrai sur la constellation des Perséides qui allaient accueillir la simulation d’un phénomène que nos ancêtres avaient pu observer de leurs propres yeux, alors qu’ils respiraient l’air de la Terre et qu’ils n’avaient pas à vivre cachés sous un dôme de verre opaque.

– Oh, mon Dieu ! s’exclama une femme.
– Là, regardez !

Des flashs lumineux parcoururent le ciel et la foule s’égaya. Les doigts se levèrent en direction du ciel et je devins aussi enthousiaste que ceux qui hurlaient. Le spectacle majestueux m’emporta loin, sur des rivages paisibles sur lesquels j’oubliais ma condition et mon avenir incertain. Les lumières filaient sur le ciel étoilé et les couleurs m’éblouirent. Rouge, jaune, orange, bleu, violet… les techniciens s’étaient surpassés et nous assistions à un événement majestueux. Le vent s’était atténué, et aucun nuage ne gênait la vue. La nuit préfabriquée idéale. Ce fut alors que je le vis. L’homme venait de s’arrêter près d’une famille et faisait semblant de regarder en l’air. Son corps droit et son visage sans émotion ne trompaient pas. Je commençai à paniquer et me forçai à me ressaisir. Ainsi, ils avaient déjà découvert mon secret. Rien ne pouvait leur échapper.

Je décidai de rester jusqu’à la fin des festivités car ils n’oseraient pas m’arrêter au milieu de la foule. Cela aurait paru suspect. Je m’efforçai de me détendre et de profiter du spectacle. Une petite fille me prit la main et je faillis la rejeter avant de me rendre compte de mon réflexe stupide. Elle ne me voulait pas de mal et m’envoyait un merveilleux sourire qui me transforma. La faisant rire aux éclats et après avoir obtenu l’accord visuel de ses parents, je la fis monter sur mes épaules. De là-haut, elle continuait d’admirer le ciel et de taper dans ses mains. Mon statut me permettait de vivre d’incroyables aventures. J’avais fini par m’attacher aux enfants du dôme, pour qui je voulais vivre.

La fête se poursuivit quelques minutes avant que les lumières ne commencent à se rallumer doucement. L’homme continuait de m’espionner et me lançait des regards vindicatifs qui me mettaient mal à l’aise. J’avais déposé la fillette devant ses parents et les avaient remerciés chaudement pour ce geste généreux. La foule se dispersa et je me retrouvai bientôt sans défense. J’entrepris de rentrer chez moi en m’associant toujours à des groupes de personnes, tout en essayant de semer mon poursuivant. Je songeai à aller m’installer à un bar mais cela ne m’aurait pas aidé, et n’aurait fait que retarder le moment fatidique.

Il ne me restait plus que trois pâtés de maison avant d’atteindre mon chez-moi et une sécurité toute relative. Le dôme n’était pas grand et il n’existait pas véritablement d’endroit où se cacher. Construit pour nous éviter de respirer un air empoissonné amené par des guerres nucléaires fatales, cet espace de verre avait sauvé les derniers habitants de la Terre et devait nous sauvegarder jusqu’à ce que le temps vienne où nous pourrions enfin nous libérer de ces chaînes et respirer un oxygène sain. Nous étions les derniers habitants de la planète, selon le gouvernement, et j’y avais longtemps cru.

Je continuai à avancer d’un pas rapide, n’apercevant plus l’homme qui m’avait poursuivi plus tôt. Avais-je réellement réussi à le perdre ? J’en doutais. Quelque peu rassuré, j’accélérai le pas et cherchai mes clés. Je les fis tomber à plusieurs reprises avant de réussir à ouvrir ma porte. Le stress ne m’avait pas quitté. J’entrai et la pièce bascula. J’avais reçu un coup sur la tête et ma vue se troubla. Deux hommes encapuchonnés de capes noires me fixaient méchamment et m’empêchèrent d’appeler au secours. Ce fut la dernière chose que je vis avant de sombrer dans un sommeil sans rêve.

**

J’avais du pain sur la planche aujourd’hui et avais préféré venir plus tôt pour mettre en place le matériel adéquat. Je devais nettoyer les étoiles situées sur les rebords du dôme, là où il s’inclinait, et cela requérait une attention et des gestes précis. J’avais pris mes tissus les plus performants ainsi que mon échelle préférée, et avais grimpé allègrement la plateforme pour débuter mes tâches dans la joie. Je commençai à frotter, tout en sifflotant une de mes mélodies favorites. L’air frais du matin m’atteignit de plein fouet et me ragaillardit.

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