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Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage (Jour n°1, Partie 1)

Avertissement âge : déconseillé aux moins de 16 ans.
Journal aléatoire d'un alcoolique...
Avertissement âge : déconseillé aux moins de 16 ans.
Auteur : Lafaille

Résumé : Un homme tente de soigner son addiction.

Note : Journal d’un homme au bord du gouffre, dépressif, et alcoolique.

Avertissement âge : déconseillé aux moins de 16 ans.

Journal aléatoire d’un alcoolique en sevrage 

Jour n°1 (Partie 1)

Tous les événements décrits dans ce journal sont fictifs. Toute personne pouvant se reconnaître dans ce récit est alcoolique ou pas loin de le devenir.

Jour n°1

Le corps réclame jusqu’à l’épuisement. Nausées, étourdissements sans relâche, ton corps ne te lâche plus d’une semelle. Et les pensées se tordent dans des douleurs cérébrales, des migraines vertigineuses à vous couper le souffle. Tout devient douleur.

Réfléchir devient un combat de tous les instants, seconde après seconde, et le temps passe si lentement qu’une heure se transforme vite en journée, avec cette sensation d’avoir un poignard dans le cœur enfoncé jusqu’au noyau ventriculaire. Lui non plus ne vous lâche plus. Vous n’êtes plus que corps, animal suintant dans sa merde humaine. Suées dignes des plus grands alpinistes, la montagne est infranchissable pour l’alcoolique qui ne boit plus. Combat pour tous les gestes quotidiens, cette routine qu’on ne voyait plus avec l’alcool devient tout à coup le seul spectre de l’existence. Un vrai fardeau que la phase terminale du buveur d’eau.
Alcoolique pour échapper à cette foutue routine, cette répétition des gestes, sans aucun écart de conduite, et maintenant voilà qu’en arrêtant net la boisson, vous tombez nez-à-nez avec votre ennemi n°1 après vous : le quotidien. Vous n’êtes pas à terre, sur le sol, non vous êtes bien plus bas, en dessous, six pieds en dessous. Le sapin n’est pas loin. Aucun moyen de se relever dignement. La dignité vous n’en avez plus beaucoup, et là vous vous en foutez, il n’y a personne, surtout pas vous, vous n’êtes plus là depuis hier soir, ce soir-là où vous avez décidé de foutre en l’air vos habitudes d’alcoolique.

Tout est difficile aujourd’hui, j’aimerai sombrer dans un sommeil profond pour éviter de me supporter, le temps s’allonge lorsqu’on ne boit pas.
Que font les non-alcooliques de leur temps ? J’ai beau y réfléchir, je ne vois rien d’intéressant dans leur mode de vie. Peut-être que les anciens alcooliques, ou les dépressifs, ou les junkies me semblent plus humains, ceux qui sont à côté d’eux-mêmes, à côté de la vie, rarement dedans. Comment les non-alcooliques font-ils pour ne pas s’ennuyer ? Ils font semblants, ce n’est pas possible autrement, ou ils travaillent.

Trop fatiguant pour moi. Arrête, arrête je te dis, tu as sauté le pas, ne retombe pas, putain, que j’ai envie d’une bonne bouteille. À la place, je me retrouve coincé dans mon appartement, sans amis puisque tous mes amis sont alcooliques, en train d’écrire des conneries sur l’ordi, me prenant pour un génie de l’écriture, quel cliché ! tout ça en me tordant de douleur, l’estomac va craquer. La tête aussi. Ne parlons pas du cœur, c’est par lui qu’a commencé ma vie d’alcoolique, putain de bordel de merde d’organe à la con. C’est simple, mon état, imaginez mon cœur en train de taper dans ma tête, il est devenu marteau ce cœur, un marteau piqueur, ah ah ah ah que je suis con, toujours aussi con. Et laid de surcroît. Je n’ai jamais été fan des contacts humains, ils me débectent trop souvent. Le dégoût de se sentir si dépendant des autres m’achève d’autant plus. Animal social, mais qui a inventé ce besoin ?

Ce besoin d’être avec l’autre, comme tous mes congénères, je le recherche, et c’est parce que je recherche la compagnie de l’autre que je me dégoûte, un dégoût viscéral. Je me fais horreur et pour y pallier je me cache sous une misanthropie douteuse. C’est ma seule couverture sociale.
Au final, je ne suis aucunement différent des autres.

J’ai tellement envie d’un verre, putain de merde, je ne sais pas combien de temps je vais tenir ainsi, à me tordre tous les viscères de mon être. Pourquoi j’ai décidé d’arrêter ? Ce ne fut pas une décision des plus faciles à prendre, croyez-moi. Mais je savais que si je ne renonçais pas maintenant à la boisson, je tomberais dans les mains de psychiatres en mal d’expériences laborantines.

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